# Comment éviter le surendettement efficacement ?

Le surendettement touche chaque année des dizaines de milliers de ménages français. Selon la Banque de France, plus de 108 000 dossiers ont été déposés en 2020, témoignant d’une réalité financière complexe pour de nombreuses familles. Cette situation, définie comme l’impossibilité manifeste de faire face à l’ensemble de ses dettes non professionnelles, peut survenir suite à un accident de la vie, une perte d’emploi, ou simplement par une accumulation progressive de crédits. La prévention reste la meilleure stratégie pour éviter cette spirale financière, et plusieurs mécanismes légaux et pratiques permettent aujourd’hui de gérer efficacement son budget et d’anticiper les difficultés.

Face à l’inflation persistante et à la hausse des taux d’intérêt observée depuis 2022, la vigilance budgétaire devient plus cruciale que jamais. Les ménages doivent développer une véritable expertise dans la gestion de leurs finances personnelles pour préserver leur équilibre économique. Heureusement, les dispositifs de protection se sont considérablement renforcés ces dernières années, offrant des outils concrets et accessibles pour maîtriser son endettement avant qu’il ne devienne critique.

## Calculer son taux d’endettement selon la méthode du HCSF

Le Haut Conseil de Stabilité Financière a établi en janvier 2021 des recommandations strictes concernant l’endettement des ménages. Ces normes constituent désormais la référence incontournable pour évaluer votre capacité d’emprunt et prévenir les situations à risque. Comprendre et appliquer ces critères vous permet d’obtenir une vision claire et objective de votre santé financière, bien au-delà des simples impressions subjectives que vous pourriez avoir sur votre situation budgétaire.

### Application du ratio 35% sur les revenus nets mensuels

La règle des 35% représente le seuil maximal d’endettement recommandé par les autorités financières. Concrètement, vos mensualités totales de crédits ne doivent pas excéder 35% de vos revenus nets mensuels. Ce calcul inclut tous vos revenus réguliers : salaires, pensions, revenus fonciers, allocations familiales, et autres ressources stables. Par exemple, pour un foyer percevant 3 000 euros nets mensuels, le montant maximal des mensualités de crédit s’élève à 1 050 euros. Ce ratio constitue une protection essentielle contre le risque de surendettement, car il garantit que vous conservez suffisamment de ressources pour couvrir vos dépenses courantes incompressibles.

### Intégration des charges récurrentes dans le calcul

Au-delà des simples mensualités de crédit, une analyse complète de votre situation financière doit intégrer l’ensemble de vos charges fixes. Les loyers, les pensions alimentaires versées, les assurances obligatoires et les impôts récurrents constituent des engagements financiers qui réduisent votre capacité réelle de remboursement. Les établissements bancaires examinent systématiquement ces éléments lors de l’étude de vos demandes de financement. Cette approche globale vous permet d’identifier précisément votre reste à vivre, c’est-à-dire le montant disponible après règlement de toutes vos obligations financières incompressibles.

### Prise en compte des crédits à la consommation et immobiliers

Tous les types de crédits entrent dans le calcul du taux d’endettement, sans distinction. Les prêts immobiliers, les crédits automobiles, les prêts personnels et surtout les crédits renouvelables doivent être comptabilisés. Ces derniers représentent un danger particulier

car ils sont souvent associés à des taux d’intérêt élevés et à des durées de remboursement peu lisibles. Une succession de petits crédits renouvelables peut rapidement alourdir vos charges mensuelles sans que vous en ayez pleinement conscience. Pour éviter ce piège, listez l’ensemble de vos emprunts en précisant le capital restant dû, la mensualité et la durée résiduelle. Vous disposerez ainsi d’une vision précise de votre endettement global et pourrez décider, en toute connaissance de cause, de renoncer à un nouveau crédit si votre taux d’endettement s’approche déjà du seuil critique.

### Utilisation des simulateurs en ligne certifiés Banque de France

Pour aller plus loin dans l’analyse de votre situation, vous pouvez utiliser des simulateurs en ligne mis à disposition par des institutions publiques ou des acteurs reconnus. La Banque de France, via son portail d’éducation budgétaire, propose des outils permettant de calculer votre taux d’endettement et d’estimer votre reste à vivre de manière fiable. Ces simulateurs présentent l’avantage d’intégrer automatiquement les règles prudentielles en vigueur, notamment les recommandations du HCSF. En quelques minutes, vous obtenez un diagnostic chiffré de votre capacité d’emprunt, qui peut servir de base de discussion avec votre banquier ou un conseiller en gestion de patrimoine.

Veillez toutefois à ne pas multiplier les estimations sur des sites commerciaux qui pourraient être tentés de minimiser le risque de surendettement pour vous proposer un nouveau financement. Privilégiez les simulateurs issus d’organismes neutres et transparents, dont la méthodologie est clairement expliquée. Enfin, pensez à actualiser régulièrement vos simulations, par exemple une à deux fois par an ou à chaque changement significatif de votre situation (nouvel emploi, naissance d’un enfant, séparation). Cette habitude simple vous aide à rester en permanence en phase avec vos capacités financières réelles.

Restructurer ses dettes par le regroupement de crédits

Lorsque le taux d’endettement dépasse les seuils recommandés ou que la gestion des mensualités devient trop complexe, le regroupement de crédits peut constituer une solution de prévention efficace. Il ne s’agit pas d’effacer les dettes, mais de les réorganiser pour retrouver un équilibre budgétaire plus supportable. Correctement utilisé et anticipé, ce mécanisme permet de réduire le risque de surendettement en lissant les remboursements dans la durée et en améliorant la lisibilité de votre budget mensuel.

### Fonctionnement du rachat de crédit avec allongement de durée

Le principe du rachat de crédit est relativement simple : un nouvel établissement (ou parfois votre banque actuelle) rembourse à votre place l’ensemble de vos prêts en cours, puis met en place un unique crédit de substitution. Ce nouveau prêt regroupe vos dettes et se caractérise par une durée de remboursement généralement plus longue, ce qui permet de diminuer le montant de la mensualité globale. Par exemple, si vous remboursez actuellement 1 200 euros de crédits par mois, un regroupement peut ramener cette charge à 700 ou 800 euros, en contrepartie d’un étalement des remboursements dans le temps.

Cet allongement de durée a toutefois un coût : le montant total des intérêts versés sur la vie du crédit est en principe plus élevé. C’est un peu comme étirer un élastique : la tension immédiate diminue, mais l’élasticité globale est davantage sollicitée. Avant de vous engager, il est donc indispensable de comparer le coût total de vos crédits actuels avec celui du nouveau prêt proposé, en incluant les éventuels frais de dossier, indemnités de remboursement anticipé et assurance emprunteur. Le rachat de crédit est pertinent si l’objectif prioritaire est de réduire rapidement votre taux d’endettement et de prévenir une situation de défaut de paiement.

### Comparaison des offres de rachat auprès des organismes spécialisés

Le marché du regroupement de crédits est très concurrentiel, avec une multitude d’organismes spécialisés et de banques positionnés sur ce segment. Pour éviter d’aggraver votre situation, il est donc essentiel de mettre en concurrence plusieurs établissements avant de prendre une décision. Vous pouvez commencer par réaliser des simulations en ligne anonymes afin d’obtenir une première estimation des mensualités et de la durée. Ensuite, l’idéal est de solliciter au moins deux ou trois offres détaillées, avec un tableau d’amortissement complet pour chaque proposition.

Un courtier spécialisé en rachat de crédits peut également vous accompagner pour comparer ces offres et négocier certains paramètres. Il connaît les critères d’acceptation des différents établissements et peut orienter votre dossier vers les partenaires les plus adaptés à votre profil. Gardez à l’esprit que le meilleur rachat de crédit n’est pas toujours celui qui propose la mensualité la plus basse, mais celui qui trouve le bon compromis entre allègement de la charge mensuelle, durée raisonnable et coût total maîtrisé. N’hésitez pas à poser des questions précises sur chaque ligne de frais et à demander des explications détaillées sur les conditions de sortie du contrat.

### Négociation des taux d’intérêt avec les établissements bancaires

Vous pensez que les taux proposés sont non négociables ? En pratique, il existe souvent une marge de discussion, surtout si votre profil présente des atouts (revenus stables, ancienneté professionnelle, bonne tenue de compte). Comme pour un achat important, vous avez tout intérêt à argumenter sur vos points forts et à mettre en avant les offres concurrentes que vous avez obtenues. Une réduction de 0,20 ou 0,30 point sur le taux nominal peut représenter plusieurs milliers d’euros d’économies sur la durée totale du crédit.

Pour peser davantage dans la négociation, préparez un dossier complet et structuré : justificatifs de revenus, budget détaillé, historique bancaire, explication claire de vos objectifs (prévention du surendettement, simplification de la gestion, anticipation d’un projet futur, etc.). Vous pouvez également jouer sur l’assurance emprunteur en recourant à la délégation d’assurance si cela est pertinent : un contrat d’assurance moins coûteux peut permettre de réduire le TAEG global, même si le taux nominal du crédit reste inchangé. Enfin, gardez en tête qu’il est parfois plus facile d’obtenir des conditions avantageuses auprès d’un nouvel établissement désireux de vous conquérir qu’auprès de votre banque historique.

### Arbitrage entre rachat hypothécaire et rachat sans garantie

Selon la nature et le montant de vos dettes, les organismes de crédit peuvent vous proposer deux grands types de regroupement : le rachat hypothécaire (avec garantie réelle sur un bien immobilier) ou le rachat sans garantie (crédit à la consommation regroupé). Dans le premier cas, votre bien immobilier sert de garantie au nouveau prêt, ce qui permet souvent d’obtenir un montant plus élevé et des taux plus attractifs, proches de ceux pratiqués pour les crédits immobiliers classiques. En contrepartie, le risque est plus important : en cas de défaut persistant, une procédure de saisie du bien peut être engagée.

Le rachat sans garantie, quant à lui, ne nécessite pas de mise en hypothèque et s’apparente à un prêt à la consommation de restructuration. Les montants sont généralement plus limités et les taux un peu plus élevés, mais votre patrimoine immobilier n’est pas directement exposé. L’arbitrage entre ces deux solutions dépendra de votre situation patrimoniale, de vos objectifs à moyen terme (conserver, vendre ou transmettre votre bien) et de votre tolérance au risque. Avant d’engager votre logement dans un rachat hypothécaire, interrogez-vous : existe-t-il d’autres leviers de prévention du surendettement (vente d’un bien secondaire, renégociation des contrats, réduction des dépenses) moins risqués pour votre stabilité future ?

Mettre en place un budget prévisionnel avec la méthode 50-30-20

Au-delà des solutions de financement, la clé pour éviter le surendettement reste la mise en place d’un budget prévisionnel réaliste et durable. Parmi les méthodes les plus simples et efficaces, la règle dite du 50-30-20 s’est imposée comme un repère pratique pour équilibrer ses dépenses au quotidien. Son principe ? Répartir vos revenus nets mensuels en trois grandes catégories, avec des pourcentages cibles, afin de garder en permanence le contrôle sur vos charges essentielles, vos dépenses de confort et votre capacité d’épargne.

Concrètement, 50% de vos revenus doivent être consacrés aux besoins essentiels : loyer ou mensualité de prêt immobilier, alimentation, énergie, assurances, abonnements indispensables, transports pour aller travailler, etc. 30% sont dédiés aux dépenses « plaisir » ou ajustables : sorties, loisirs, habillement, abonnements non indispensables, petites dépenses du quotidien. Enfin, 20% devraient idéalement être orientés vers l’épargne et le remboursement anticipé éventuel de certaines dettes. Bien sûr, ces pourcentages sont des repères et peuvent être adaptés en fonction de votre situation, mais ils constituent une base solide pour structurer votre budget et éviter les dérives.

Pour appliquer la méthode 50-30-20, commencez par analyser vos relevés bancaires des trois derniers mois et classez chaque dépense dans l’une des trois catégories. Cet exercice peut parfois être surprenant : vous découvrirez peut-être que vos dépenses de loisirs ou d’achats impulsifs dépassent largement le seuil des 30%, au détriment de votre capacité d’épargne. Une fois ce diagnostic posé, définissez des plafonds mensuels pour chaque poste et mettez en place des outils concrets pour les respecter : alertes bancaires, enveloppes budgétaires physiques ou virtuelles, comptes séparés pour les dépenses essentielles et les dépenses plaisir. À terme, cette discipline vous permettra de dégager une marge de manœuvre financière et de réduire fortement le risque de basculer dans le surendettement en cas de coup dur.

Activer les dispositifs légaux de prévention du surendettement

Même avec une bonne organisation budgétaire, certains événements de vie peuvent mettre à mal l’équilibre financier d’un ménage : perte d’emploi, séparation, maladie longue durée, décès d’un conjoint… Lorsque la situation devient trop tendue, il est essentiel de connaître et d’activer à temps les dispositifs légaux prévus pour prévenir ou traiter le surendettement. Ces mécanismes, encadrés par le Code de la consommation et pilotés en grande partie par la Banque de France, ont précisément pour objectif d’éviter que les difficultés financières ne se transforment en exclusion bancaire durable.

### Saisir la commission de surendettement de la Banque de France

La première étape, lorsque vous ne parvenez plus à honorer vos dettes non professionnelles malgré vos efforts, consiste à saisir la commission de surendettement de votre département. Cette procédure est entièrement gratuite et accessible à tout particulier de bonne foi résidant en France. Le dossier peut être déposé en ligne, par courrier ou directement à l’accueil d’une succursale de la Banque de France, accompagné de l’ensemble des justificatifs nécessaires (revenus, charges, relevés de compte, liste détaillée des dettes, etc.).

Dès que votre dossier est déclaré recevable, vous bénéficiez d’une protection immédiate : les procédures de saisie en cours sont suspendues, de même que les expulsions liées à des impayés de loyers. Les créanciers ne peuvent plus engager de nouvelles poursuites pour recouvrer leurs créances. La commission analyse alors en détail votre situation afin de déterminer votre capacité de remboursement réelle et d’orienter votre dossier vers la solution la plus adaptée. Saisir la commission ne doit pas être perçu comme un échec, mais comme une démarche responsable pour sortir durablement d’une impasse financière.

### Recourir au plan conventionnel de redressement avec moratoire

Lorsque votre situation financière, bien que difficile, offre encore une capacité de remboursement, la commission de surendettement peut proposer un plan conventionnel de redressement. Ce plan, négocié avec vos principaux créanciers, prévoit un rééchelonnement des dettes sur une durée pouvant aller jusqu’à 7 ans (voire davantage en cas de prêt immobilier), avec éventuellement une réduction des taux d’intérêt ou des pénalités. L’objectif est de rendre vos mensualités supportables tout en garantissant le règlement progressif des sommes dues.

Dans certains cas, la commission peut également recommander un moratoire, c’est-à-dire une suspension temporaire du remboursement de tout ou partie des dettes pour une durée maximale de 2 ans. Ce « temps de respiration » permet, par exemple, de retrouver un emploi ou de stabiliser une situation personnelle avant de reprendre les règlements sur des bases plus saines. Durant le moratoire, il est crucial de ne pas contracter de nouveaux crédits et de profiter de cette période pour réorganiser votre budget, renforcer votre épargne de précaution et, si possible, renégocier certains contrats récurrents afin de diminuer vos charges fixes.

### Demander l’effacement partiel des dettes via procédure de rétablissement personnel

Lorsque la situation est jugée « irrémédiablement compromise », c’est-à-dire qu’aucun plan réaliste de remboursement ne peut être mis en place compte tenu de vos ressources présentes et prévisibles, la commission peut orienter votre dossier vers une procédure de rétablissement personnel. Cette procédure, avec ou sans liquidation judiciaire de vos biens selon votre patrimoine, a pour finalité l’effacement total ou quasi total de vos dettes non professionnelles. Elle constitue en quelque sorte un « nouveau départ » pour les personnes dont la situation financière est durablement insoutenable.

Bien entendu, cette solution radicale s’accompagne de contraintes importantes : inscription au Fichier des Incidents de remboursement des Crédits aux Particuliers (FICP) pour une durée pouvant aller jusqu’à 5 ans, restrictions d’accès au crédit, et, le cas échéant, vente de certains biens pour apurer partiellement les dettes. Avant d’en arriver là, il est donc indispensable d’examiner toutes les alternatives possibles et de se faire accompagner par un professionnel (travailleur social, association spécialisée, Point Conseil Budget). Toutefois, pour des ménages plongés depuis des années dans le surendettement, le rétablissement personnel peut représenter la seule solution pour retrouver une stabilité financière et psychologique.

### Bénéficier de l’accompagnement des Points Conseil Budget agréés

Pour ne pas rester seul face à la complexité des démarches et des choix à effectuer, vous pouvez vous tourner vers les Points Conseil Budget (PCB), un dispositif national labellisé et financé par l’État. Ces structures, souvent rattachées à des centres communaux d’action sociale (CCAS) ou à des associations spécialisées, proposent un accompagnement gratuit, confidentiel et personnalisé aux personnes rencontrant des difficultés budgétaires. Leur mission est double : prévenir le surendettement en aidant à mieux gérer le budget au quotidien et soutenir les ménages déjà en difficulté dans leurs démarches administratives et juridiques.

Concrètement, un conseiller PCB peut vous aider à établir un diagnostic complet de votre situation, à monter un dossier de surendettement auprès de la Banque de France, à négocier avec vos créanciers ou à mobiliser les aides sociales auxquelles vous avez droit. Il peut aussi vous proposer des ateliers d’éducation budgétaire pour renforcer vos compétences financières : compréhension des relevés de compte, maîtrise du découvert, choix des moyens de paiement, etc. Si vous vous sentez dépassé, n’hésitez pas à franchir le pas : demander de l’aide tôt permet souvent d’éviter que les difficultés ne s’aggravent et ne se transforment en surendettement avéré.

Constituer une épargne de précaution via le livret A et le LDDS

La meilleure protection contre le surendettement reste la capacité à faire face aux imprévus sans recourir au crédit. Pour cela, la constitution d’une épargne de précaution est indispensable, même si les montants mis de côté semblent modestes au départ. En France, deux produits réglementés se prêtent particulièrement bien à cet objectif : le Livret A et le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS). Tous deux offrent une rémunération nette d’impôt et de prélèvements sociaux, une disponibilité immédiate des fonds et une sécurité maximale, puisque les dépôts sont garantis par l’État.

Le Livret A peut être alimenté jusqu’à un plafond de plusieurs dizaines de milliers d’euros, ce qui en fait un support idéal pour construire progressivement une réserve de sécurité. Le LDDS, quant à lui, vient en complément pour les contribuables résidant en France et permet de mettre de côté des montants supplémentaires avec les mêmes avantages en termes de liquidité et de fiscalité. Pour éviter les mauvaises surprises, visez à terme une épargne de précaution équivalente à trois à six mois de dépenses courantes. Ce « matelas de sécurité » vous évitera de recourir à un crédit renouvelable ou à un découvert coûteux en cas de panne de voiture, de réparation urgente dans le logement ou de baisse temporaire de revenus.

Pour alimenter régulièrement vos livrets, vous pouvez mettre en place un virement automatique dès la réception de votre salaire, même pour un montant modeste au départ. Cette automatisation transforme l’épargne en une dépense comme une autre, intégrée à votre budget et donc plus facile à respecter. Vous pouvez également adopter une stratégie d’arrondi : chaque fois que vous recevez une prime, un treizième mois ou un remboursement d’impôt, engagez-vous à en placer une partie sur votre Livret A ou votre LDDS. À long terme, ces gestes répétés renforcent considérablement votre résilience financière et réduisent drastiquement le risque de surendettement.

Optimiser ses revenus par la renégociation des contrats récurrents

Éviter le surendettement ne passe pas seulement par la réduction des dépenses et la limitation du recours au crédit. Il s’agit aussi d’optimiser vos revenus disponibles en agissant sur l’ensemble des contrats récurrents qui pèsent chaque mois sur votre budget. Assurances auto et habitation, abonnements téléphoniques et internet, contrats d’énergie, mutuelle santé, services de streaming : autant de postes sur lesquels il est souvent possible de réaliser des économies substantielles, sans dégrader la qualité de service.

Une bonne pratique consiste à réaliser, une fois par an, un « audit » de vos abonnements. À l’aide de vos relevés bancaires, listez tous les prélèvements récurrents et interrogez-vous : ce service est-il réellement indispensable ? Existe-t-il une offre équivalente moins chère sur le marché ? Puis, utilisez les comparateurs en ligne pour identifier les meilleures propositions, en prêtant attention non seulement au prix, mais aussi aux garanties, aux franchises et aux conditions de résiliation. Dans bien des cas, un simple appel à votre fournisseur actuel, mentionnant les offres concurrentes, suffit à obtenir un geste commercial ou un alignement tarifaire.

Au-delà des contrats de services, pensez également à optimiser vos revenus en vérifiant vos droits aux aides sociales (aides au logement, prime d’activité, allocations familiales, aides locales, etc.). De nombreux ménages éligibles ne les réclament pas, par méconnaissance ou par crainte de démarches administratives complexes. Des simulateurs en ligne officiels permettent aujourd’hui d’estimer rapidement les prestations auxquelles vous pouvez prétendre. Chaque euro récupéré ou économisé sur vos charges récurrentes augmente votre reste à vivre, renforce votre capacité d’épargne et diminue votre probabilité de basculer dans le surendettement en cas de choc financier. En résumé, un budget bien géré, des dettes maîtrisées et des contrats optimisés sont vos meilleurs alliés pour préserver durablement votre équilibre financier.